Sortie en France de Pokémon Go : journal de bord d’une intense journée collaborative au Champ de Mars (24/07/2016, Paris)

PokemonGo au Champ de Mars, pour sa sortie en France, le 24/0/2016. Crédit photo : Vanessa Lalo

Pour la sortie officielle du jeu Pokémon Go en France, le dimanche 24 juillet 2016, un impressionnant rassemblement de joueurs s’est organisé au Champ de Mars.
Journal de bord d’une formidable expérience collaborative.

Arrivée sur place en début d’après-midi, des centaines de joueurs étaient déjà présents. Me repérant sur la carte, je me dirige vers les nombreux leurres collaboratifs (ces objets attirant les Pokémon vers un endroit donné, visibles par tous les joueurs, durant 30 minutes).

Sans surprise, à part les touristes, beaucoup de monde était en chasse au trésor. Faciles à repérer, les joueurs se déplacent en groupe, téléphones en main, à la recherche des précieux Pokémon.

Rapidement, les premières conversations avec des joueurs débutent, au gré des rencontres. Enthousiastes, les joueurs sont ravis d’échanger des informations, de conseiller sur les stratégies, d’expliquer quels Pokémon ils ont déjà eus, voir quelles arènes ils ont déjà obtenues… Quand soudain, Pikachu apparaît, puis un deuxième Pikachu, en même temps ! Exaltation générale, on s’arrête de respirer, il faut se concentrer et l’attraper avant qu’il ne disparaisse. Puis soulagement. Nous tous, ici présents, avons attrapé le mythique « Pika » 🙂

Les leurres collaboratifs, les cercles de pétales Pikachu, "capturé" au Champ de Mars Ponyta, mon 1er œuf

Nous continuons notre route, rejoints par d’autres joueurs se dirigeant vers les leurres, de plus en plus nombreux, au pied de la Tour Eiffel.

Quelle ambiance ! Certains étaient très sérieux, captivés par le nombre de Pokémon apparaissant simultanément, d’autres groupes rigolaient, se chamaillaient, des couples s’embrassaient entre deux « captures », d’autres refaisaient le monde (des Pokémon et de la vie réelle)…

J’étais prise par le jeu de l’expérience sociale collaborative. Loin des clichés relayés actuellement à propos du jeu, j’assistais à un moment bon enfant, dans la joie et la bonne humeur (sauf quelques inévitables grognements lorsque les téléphones n’avaient plus de batterie, que les joueurs n’avaient plus de « pokeballs », ou qu’ils n’avaient pas réussi à capturer un Pokémon rare que tout le monde avait réussi à obtenir…). Dans son ensemble, ce long moment, où des centaines de joueurs avaient retrouvé leurs amis et en profitaient pour faire de nouvelles rencontres, était très agréable à contempler.

Des centaines de joueurs au pied de la Tour Eiffel (24/07/16)Des centaines de joueurs au pied de la Tour Eiffel (24/07/16)

Marcher jusqu’à un autre « pokestop » (endroit où l’on récupère des objets toutes les cinq minutes), discuter avec des joueurs de leurs motivations, surprendre d’hilarantes conversations, les joueurs étaient tous prêts à collaborer, ravis de faire bénéficier aux autres de leurs connaissances et expériences, et notons-le, ce n’est pas si fréquent de pouvoir aborder aussi facilement autant de personnes et de se retrouver en « chasse collective » de petites bestioles virtuelles.

Lorsqu’un Pokémon rare est apparu, l’ambiance était frénétique. Je n’ai pas réussi à filmer le début des cris de joie, le temps de sortir de l’application, ni pu attraper ce fameux Pokémon vu que je préférais filmer les réactions, mais la vidéo montre bien l’euphorie qui pouvait se dégager en cet instant :

 

D’aucuns crient à la « zombification » du monde, à cette « pauvre jeunesse » prête à tous les risques pour un jeu, comme si un parasite était venu manger la société… De ce que j’ai pu voir depuis la sortie de Pokémon Go (rappelons que l’application est sortie en France le 24 juillet mais était facilement téléchargeable depuis une quinzaine de jours), la réalité des usages est totalement différent de ce qui est écrit ou moqué ici et là.

 

Profils de joueurs : le technophile, le collectionneur, le compétitif & l’occasionnel

Sur tous les joueurs rencontrés, j’ai pu noter des profils spécifiques ressortant des usages :

  • Le technophile : beaucoup de fans de nouvelles technologies ont installé l’application (avant sa sortie en France) pour vivre cette nouvelle expérience de jeu et faire partie des testeurs, avant tout le monde, de cette révolution du divertissement
  • Le collectionneur : ce type de joueur cherche avant tout à obtenir autant de Pokémon qu’il en rencontre, trouver les Pokémon rares et avoir donc le « pokédex » (index des différents Pokémon collectionnés, 151 Pokémon différents existent) le plus fournis possible
  • Le compétitif : il glâne les Pokémon pour récolter un maximum de « poussière d’étoile » (ce qui permet de faire évoluer et monter en niveau ses Pokémon), est stratégique dans ses choix de jeu et va se battre dans les arènes pour les gagner
  • L’occasionnel : il profite d’une sortie entre amis pour se prendre au jeu, s’amuse de temps à autre à attraper quelques Pokémon, « pour le fun » ou encore se balade en famille et joue avec les enfants

 

Pokémon Go, c’est l’occasion de :

  • créer du lien social, tout en profitant des jardins publics et de la nature
  • se retrouver tous ensemble, autour d’un objectif commun
  • faire de l’exercice physique, n’en déplaise aux détracteurs du jeu qui sont souvent les mêmes fustigeant l’embonpoint des joueurs de jeux vidéo et leur sédentarité (comme toute « chasse au trésor », le jeu nécessite de se déplacer dans l’espace, et pour faire éclore ses oeufs, il faut marcher 2km, 5km ou 10km selon)
  • favoriser le lien intergénérationnel, en profitant des longues journées d’été pour partir en promenade avec ses enfants, tout en permettant d’ouvrir le dialogue avec les plus jeunes sur le numérique, et ainsi accompagner leurs premiers pas sur les outils numériques
  • découvrir de nouveaux lieux inconnus jusqu’à alors, explorer le patrimoine, lever le nez sur des œuvres et monuments… les « pokestops » sont autant de prétextes pour distiller des éléments culturels et mieux appréhender son environnement (les « pokestops » ne donnent pas d’autres indications que les noms des lieux et une photo mais c’est une mise en présence culturelle pour susciter de la curiosité, chercher des informations, ou simplement chercher du regard les monuments auxquels nous n’avions pas prêté attention auparavant)
  • travailler sa précision psychomotrice (attraper les Pokémon demande de la concentration et de la précision dans le lancer de « pokeballs », ces petites boules avec lesquelles l’on doit toucher les Pokémon pour les capturer, virtuellement)
  • mettre en place des stratégies (aller près des leurres collaboratifs, ne pas dépenser trop de pokeballs « pour rien », organiser la recharge de son téléphone, s’organiser à plusieurs pour ne pas prendre de risques dans la rue…)
  • enfin, l’on peut profiter du jeu pour faire de la prévention et guider vers des usages responsables, dans la rue tout comme dans la rue numérique

 

Pokémon Go et la culture : quand les joueurs lèvent la tête

Un autre aspect positif potentiel du jeu, c’est l’exploration de nouveaux lieux (jardins, parcs), la (re)découverte de patrimoine (monuments, œuvres) et la transmission culturelle et historique.

A l’affût d’un Pokémon ou d’un « pokestop », lorsque le joueur tombe « nez-à-nez » avec point d’intérêt, il est contraint de voir le nom et la photo du dit point et a la liberté d’y prêter attention, ou pas. Certaines œuvres passeront ainsi inaperçues tandis que d’autres seront investiguées, prises en photo, discutées… Si aucun Pokémon ne se trouve à proximité, la balade peut facilement s’interrompre pour apprécier la rencontre culturelle ou apporter des indications, ou encore se remémorer des souvenirs.

Plusieurs familles m’ont fait part de leurs expériences familiales, où les enfants « chassent » les Pokémon (et développent leur sens de l’orientation) et les parents apportent les précisions historiques, transmettent leurs connaissances et exploitent Pokémon Go comme un outil de médiation éducative.
D’autres cherchent les détails des points d’intérêts sur Internet pendant que le reste du groupe cherche les Pokémon, alertant leurs co-équipiers dans les moments clefs, vérifient qu’aucune voiture n’arrive lors des traversées, et organisent des stratégies de mutualisation des compétences et des connaissances.

Jouer à Pokémon Go en groupe semble constructif, dans la majeure partie des situations. La collaboration se fait immédiatement, avec fluidité et les dynamiques de groupes s’auto-régulent rapidement.

Tantôt le regard vers le smartphone, tantôt vers les obstacles (si si) et points d’intérêts en hauteur, c’est autant d’occasions d’observer son environnement, enrichi par le jeu numérique.

Screenshot_2016-07-28-19-01-53  Screenshot_2016-07-28-19-41-53

 

Pour résumer Pokémon Go est une promenade interactive, collaborative et culturelle, que j’appelle désormais une « Pokémonade ».

Ce jeu est fédérateur et moteur de lien social, dans « la vraie vie ». Un bémol cependant selon les usages car l’expérience est très différente entre la « pokémonade« , en mouvement, dans un temps lent et la « capture efficace« , optimale, qui se passe autour de leurres collaboratifs.

En effet, se retrouver autour des leurres avec beaucoup de monde rassemblé, semble moins profitable sur le plan social car les joueurs sont, pour beaucoup, là pour attraper le maximum de Pokémon dans un court laps de temps.
L’émulation collective est positive mais cette façon de jouer est plus solitaire, plus dans la productivité et comme le jeu accapare et sollicite en permanence le joueur avec une certaine intensité (l’apparition des Pokémon est très fréquente, voir simultanée) les temps d’échanges avec les joueurs environnant est fortement amoindrie, se réduisent nettement à se demander si on a eu tel ou tel Pokémon, avant de se concentrer de nouveau sur un autre Pokémon apparu entre temps). Cet usage du jeu est donc intéressant pour se retrouver en groupe, profiter de sorties entre amis pour glaner quelques Pokémon mais reste donc plutôt limité si l’on ne se retrouve pas en mouvement.
Heureusement me direz-vous, le jeu est fait de sorte de devoir marcher pour faire éclore les œufs, ce qui incite fortement les joueurs (quand ils ne trouvent pas des systèmes D) à se déplacer physiquement dans l’espace, se réapprovisionner en objets dans les « pokestops » et ainsi à entrer facilement en interaction avec d’autres joueurs parcourant les mêmes chemins.

Pokémon Go est ainsi un catalyseur de relations sociales, surtout dans sa version « nomade » semblant nettement plus bénéfique sur le plan social (et culturel).

 

Expérience intergénérationnelle, transmission et accompagnement

Depuis la sortie du jeu, j’ai entendu de nombreux témoignages de parents et d’enfants, s’adonnant à la « chasse au trésor » Pokémon, ensemble. J’ai croisé beaucoup de familles se servant du prétexte du jeu pour se promener, discuter, développer la curiosité des enfants et profiter des situations de jeu pour accompagner les plus jeunes dans leurs apprentissages (se repérer dans l’espace, viser pour attraper, planifier des stratégies, développer la créativité, prendre des photos, apprendre à se partager un objet de jeu à plusieurs, collaborer) sur fond de prévention et de transmission intergénérationnelle, éducative et culturelle.

 Des joueurs, des familles au Parc Montsouris, autour des "pokestops" (Statue Montsouris)  

 

Tableau de bord résumé (1ère journée) :

  • Marché plus de 10km
  • Fait éclore 4 œufs
  • Passé niveau 12
  • Collectionné 214 Pokémon (dont 47 Pokémon différents)
  • Parlé à une cinquantaine de groupes de joueurs (allant de 2 à plus de 20 personnes)
  • Passé un excellent moment
  • Vécu une excellente expérience sociale
  • Vécu de jolies émotions, des pics de joie et de tristesse (selon les bugs de l’application, disparitions de Pokémon avant de pouvoir les attraper, apparitions de Pokémon rares créant des cris de bonheur et des sprint de joueurs accourant au son de hurlements, plus de « pokeballs », plus de batterie, des nouveaux Pokémon, des Pokémon à hauts niveaux…)
  • Rechargé mon téléphone 3 fois
  • Vu des gamers aux hauts niveaux
  • Vu des joueurs occasionnels testant le jeu pour sa sortie en France
  • Vu des non-joueurs devenir joueur car se prenant au jeu
  • Vu des jeunes, vu des moins jeunes
  • Rencontré des parents jouant avec les enfants (et/ou l’inverse) (lien intergénérationnel)
  • Découvert des coins de Paris et son patrimoine (grâce aux « pokestops »)
  • À 23 h, encore 9 leurres collaboratifs en cours, des centaines de personnes autour des « pokestops » et des dizaines de marcheurs (en quête de « pokestops » non utilisés et dans le but de faire éclore les œufs)

Imprim-écran des leurres à 23h au Champ de Mars (24/07/16) Imprim-écran de ma collection de Pokémon (le 1er jour) Imprim-écran des leurres à 23h au Champ de Mars (24/07/16)

 

Un peu de prévention

L’outil ne fait pas l’usage. Si certains ont des comportements excessifs, ce n’est pas le jeu qui le demande mais l’usager qui le choisit.

Néanmoins, comme de jeunes joueurs sont amenés à partir en chasse aux Pokémon et que des moins jeunes joueurs ont pu déjà se montrer insouciants, il est bon de rappeler quelques règles de prudence, au cas où :

  • Rester vigilant à son environnement, aux autres, ne pas se mettre inutilement en danger pour attraper un Pokémon, regarder autour de soi, ne pas courir après un Pokémon sans avoir vérifié qu’il n’y avait pas de danger environnant, ne pas conduire en chasse aux Pokémon, ne pas suivre des inconnus proposant d’aller attraper des Pokémon chez eux…

Somme toute, des règles de bon sens, applicables dans la plupart des situations, réelles comme numériques. Il est temps d’aborder le numérique comme la « vraie vie ». La meilleure prévention est de questionner les usages et de poser des limites pertinentes, adaptées à chacun.

Nous commençons à prendre sérieusement conscience qu’il est temps d’accompagner les utilisateurs vers des usages responsables, dans la rue numérique.
Nous allons incessamment comprendre qu’il faudra conjointement, poser des limites au numérique dans la rue.

Pokémon Go et son phénomène massif va enfin nous permettre, sans caricature, de prendre du recul sur les usages numériques, leurs réalités et différences, pour s’approprier plus au près ces outils trop souvent incompris.

À force de débats contradictoires et excessifs, positifs et négatifs, je suppose que Pokémon Go représente un tournant vers une meilleure appréhension des jeux vidéo, de la réalité augmentée (et ses dérivés) et une réflexion menant collectivement à un plus juste milieu quant au regard porté aux outils numériques.

Comme le rappelle l’application à chaque lancement du jeu : « Sois attentif. Regarde autour de toi ».

Imprim-écran du jeu lors du chargementCe message à double sens signifie aussi bien d’être attentif aux Pokémon situés non loin, que d’être vigilant à ce qu’il se passe dans la réalité (non augmentée). Tout comme les Pompiers, la Police Nationale (images ci-dessous) et la Gendarmerie Nationale ont contribué aux messages de prévention, s’inquiétant des comportements risqués de certains utilisateurs outre-Atlantique.
Des observateurs ironisent sur les « joueurs-zombies », le nez dans leurs smartphones (ce qui n’est pas faux, admettons-le) mais est-ce vraiment le jeu qui crée ce comportement ? N’est-ce pas plutôt qu’il faut du temps, à toute société, pour s’habituer aux nouveaux usages et que nous avons oublié, jusqu’à maintenant, de poser des limites de bon sens logique, encore une fois ?
Si l’on critique les joueurs endiablés par leurs téléphones, prêts à tout pour attraper des Pokémon, reconnaissons alors également que la plupart des personnes émettant ces remarques n’ont, d’une part, pas joué au jeu, et ont d’autre part certainement le même comportement en envoyant des sms dans la rue, risquant de rentrer dans des gens, de se heurter à un lampadaire, de traverser au mauvais moment…

Image de prévention diffusée par les Pompiers     Image de prévention diffusée par la Police Nationale

 

Ce que Pokémon Go nous montre alors c’est un reflet de notre société, en pleine mutation

Nous avons été bouleversés par les outils numériques mais nous n’avons pas encore suffisamment pris le temps de comprendre nos comportements, fustigeant les voisins mais prenant peu de recul sur ses propres agissements.
Le numérique est partout et sera de plus en plus présent.
À nous de nous poser les bonnes questions, de remettre des repères tangibles dans le numérique, d’appliquer les règles de bon sens habituel, de nous éduquer aux problématiques des données personnelles (modèles économiques numériques, informations utilisateurs, géolocalisation, profilage…) et de surtout, faire nos propres choix, en toute connaissance de cause.

Alors, si vous et/ou vos enfants souhaitez jouer à la « chasse au trésor », dans la vraie vie, ne bridez pas vos fantasmes régressifs sur des préjugés et essayez, pour voir 😉
Au pire, vous vous lasserez vite (sous réserve d’usages responsables, excluant d’autres « pire » bien entendu). Au mieux, vous ferez des rencontres, vivrez des expériences collaboratives inopinées et peut-être vous prendrez-vous au jeu de la découverte du patrimoine à travers les « pokestops », trouverez des prétextes de rassemblements pour se retrouver dans le réel et marcher (ou faire un « jogging ») plusieurs kilomètres ensemble,  et inventerez probablement d’autres usages…

 

Vers une multiplicité des expériences en réalité augmentée, réalité hybride et autres réalités alternatives

Exemple de reconnaissance de plante avec l'application "Pl@antNet"

Reconnaissance de plante avec l’application « Pl@antNet »

Et si vous souhaitez compléter l’expérience de la réalité enrichie, vous pouvez également utiliser (seul, entre amis, en famille…) des applications pour connaître les noms et spécificités des plantes, arbres, fleurs au cours de balades ou dans votre jardin.

De plus en plus de musées (exemples ici) développent des applications numériques dédiées, en réalité augmentée, pour découvrir d’autres facettes des œuvres, obtenir des compléments d’informations, vivre les expositions autrement, interagir avec les œuvres…

Application en réalité augmentée du Musee Orsay

Découverte des personnages du tableau « l’Atelier du peintre » (Gustave Courbet, Musée d’Orsay). Photo : Jean-Pierre Dalbéra

Avec la réalité augmentée, les usages culturels sont vastes, allant de la reconnaissance des étoiles et noms des constellations associées, à la reconstitution de monuments apparaissant sur l’écran comme à leur époque…

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Reconstitution de la Bastille, application « Bastille » / Photo : Piligrim XXI

Dans les prochains mois, nous allons très certainement observer une démocratisation des applications en réalité augmentée et autres réalités hybrides, enrichissant le réel de contenus et proposant de nouvelles formes  d’interactions diverses s’appuyant sur le réel.

Pokémon Go et son engouement planétaire poussent à essayer des applications dont la technologie était trop méconnue jusque là, à mieux comprendre les usages émergents et à s’approprier ces nouveaux types d’expériences interactives avec la réalité. 

 

Société, la peur du changement

Il faut parfois (souvent) un phénomène de grande ampleur, connu et observable de tous, pour que la société s’empare des sujets venant la bouleverser et pour pouvoir saisir les opportunités offertes par les innovations, tout comme ses risques potentiels.
Il y a fort à parier que la réalité virtuelle (immersion dans un univers virtuel à l’aide de casque) comme la réalité augmentée (contenus numériques prenant appui sur la réalité) nous réservent des surprises. Certaines monteront les limites de ce que la société est prête à accepter, d’autres traceront la voie vers des avancées sociétales significatives.

Je pense que Pokémon Go est le lancement d’une longue série de nouvelles propositions d’usages, que le développement de nouvelles applications va pulluler et que, comme à chaque nouveauté, les limites et les usages pertinents et responsables vont se dessiner collectivement.

Les applications en réalité alternative feront partie des divertissements de demain, ainsi que des nouvelles formes d’accès à l’information.

Devons-nous donc avoir peur de Pokémon Go et de la réalité augmentée, ou ne devons-nous pas, plutôt, nous approprier ces technologies, pour mieux les comprendre, poser les bonnes limites et en tirer tous les profits ?

Le mot de la fin revient à une image très connue par la sphère Internet et que le grand public a récemment découvert via les sorties médiatiques intempestives de certains politiques :

 

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